Comment avons-nous vendu nos âmes aux géants de l’internet ?

photo-vie-priveeTout ce qui nous entoure est en train de devenir un ordinateur. Nos réfrigérateurs sont des ordinateurs qui maintiennent les aliments au froid. Notre voiture, un ordinateur avec des roues et un moteur. Notre appareil photo un ordinateur qui prend des photos. Et même nos animaux de compagnies, comme nos chats, peuvent être considérés comme des ordinateurs qui dorment au soleil toute la journée.

Le problème est que tout ces ordinateurs produisent des données sur ce qu’ils font et que beaucoup de ces données ne sont rien d’autre que de nouvelles formes de surveillance, estime Schneier en évoquant les téléviseurs Samsung qui écoutent les conversations de ceux qui la regardent ou la poupée Barbie qui enregistre les questions des enfants pour les revendre à des tiers. Des sociétés rassemblent, stockent et analysent ces données, souvent à notre insu et généralement sans notre consentement et ils en tirent des conclusions ce que nous pourrions être qui affectent nos vies de manière profonde. Pour Schneier, nous sommes déjà mis sous surveillance par une architecture technique vaste, solide et rentable, sous la coupe des courtiers de données, des sociétés dont nous n’avons le plus souvent jamais entendu parlé comme Rubicon Project, AdSonar, Quantcast, Undertone, Traffic marketplace… Sur l’internet, le traçage publicitaire est omniprésent rappelle Schneier en évoquant l’enquête d’Alexis Madrigal. Et les applications que nous installons sur nos smartphones ne font pas mieux, collectant des informations dont elles n’ont pas besoin, à l’image du célèbre jeu Andry Birds qui recueille des données de localisation même lorsque vous ne jouez pas !

La plupart des données de surveillance sont par nature anonymes, mais ces entreprises sont de plus en plus en mesure de corréler les informations recueillies avec d’autres informations qui nous identifient positivement, à l’image des services qui vous demandent d’utiliser votre vrai nom pour vous y connecter. La surveillance est le modèle d’affaires d’internet. Les utilisateurs ont le choix entre la surveillance ou rien, c’est-à-dire entre l’accès et l’absence d’accès. “La vie privée est quelque chose que les gens ont tendance à sous-estimer jusqu’à ce qu’ils n’en aient plus”. La vie privée n’est pas tant la question de ne rien avoir à cacher qu’une question d’individualité et d’autonomie. Elle consiste à être capable de décider à qui vous souhaitez révéler quelque chose et selon les termes de votre choix. Elle consiste à être libre d’être un individu sans avoir à constamment se justifier. “Cette tendance à sous-estimer la vie privée est exacerbée délibérément par les sociétés qui utilisent vos données. Lorsque vous vous connectez à Facebook, vous ne pensez pas à combien d’informations personnelles vous divulguez à la société, vous chattez avec vos amis. Quand vous vous réveillez le matin, vous ne pensez pas à la façon dont vous allez permettre à un grand ensemble de société de vous suivre toute la journée : vous mettez juste votre téléphone portable dans votre poche.”

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