Internet, futur état totalitaire ?

Quand les dirigeants politiques mondiaux se réunissent pour museler internet…

En ce moment a lieu à Dubai le WICT, le congrès mondial de l’UIT, l’agence mondiale des télécommunications. Cette agence, dépendant de l’ONU, est composée de membres des gouvernements de 190 pays de la planète a décidé de se réunir pour modifier un traité datant de 1988 portant sur la régulation mondiale des télécommunications.

Bien entendu, depuis 1988, les télécommunications ont connu de profonds bouleversements, particulièrement avec le développement massif d’internet et des réseaux mobiles, et il peut sembler normal que ce texte soit remis au gout du jour. Cependant, cette réunion est extrèmement critiquée, pour plusieurs raisons :

– parmi les états présents dans cette réunion, se trouvent nombre d’états totalitaires, de dictatures, qui voient là l’occasion d’imposer à leurs populations des moyens de régulation de l’internet et des communications. Il faut entendre par là des moyens techniques mis en oeuvre permettant à ces dirigeants un contrôle total de l’information et des échanges (censure, coupure, contrôle).
la transparence : l’ensemble des débats se tient à huit clos : on reste entre-soi, et, de fait, sont exclus du débat l’ensemble des citoyens de la planète, ainsi que la totalité des acteurs de l’internet…

Pour résumer grossièrement la situation : se réunissent en ce moment une bande de dirigeants politiques de tous bords, dont un certain nombre bien peu recommandables, qui non seulement ne comprennent rien à internet, mais sont en plus totalement flippés à l’idée que leurs populations trouvent là un espace un espace d’expression. Et ce sont eux qui, dans le secret d’un débat clos, vont décider entre eux de l’avenir d’internet.

Il est à peine surprenant de constater que bien peu d’informations circulent sur le sujet, que cela soit dans la presse ou encore à la télévision. On imagine volontiers que les journalistes ont certainement des informations plus urgentes à traiter que de se préoccuper de la potentielle censure des quelques 2 milliards de personnes actuellement connectées à internet (chiffre qui ne fait que s’accroître) et du contrôle total de l’information qui y circule…
Les acteurs majeurs d’Internet ne restent néanmoins pas sans réagir. Google s’est par exemple exprimé sur la question et invite tous les internautes à en faire de même via une pétition en ligne :

Un Internet libre et ouvert pour un monde libre et ouvert. Les gouvernements ne doivent pas décider seuls de l’avenir d’Internet. Les milliards de personnes qui utilisent le Web et les experts qui le conçoivent et l’entretiennent, doivent également participer aux discussions.

Internet compte aujourd’hui plus de deux milliards d’utilisateurs. Certains gouvernements ont l’intention de profiter d’une rencontre à huis clos en décembre prochain pour réguler Internet et accroître la censure. À l’UIT, seuls les gouvernements disposent d’un droit de vote, y compris ceux qui sont opposés à un Internet libre et ouvert.

Les ingénieurs, les entreprises et les personnes qui construisent et utilisent le Web n’ont pas voix au chapitre.  Un Internet libre et ouvert pour un monde libre et ouvert. Les gouvernements ne doivent pas décider seuls de l’avenir d’Internet. Les milliards d’internautes doivent également participer aux discussions.

Certaines propositions pourraient permettre aux gouvernements de censurer des propos légitimes, voire d’interrompre l’accès à Internet.

D’autres visent à imposer à des services tels que YouTube, Facebook et Skype de nouvelles taxes pour pouvoir atteindre des utilisateurs à l’étranger. Cela pourrait limiter l’accès à l’information, en particulier dans les pays émergents.

Vous aimez internet ? N’attendez pas pour agir, ne comptez pas sur les médias pour vous informer sur le sujet, et faites tourner l’information.

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