Grèce – art de rue – expressions de la colère d’un peuple

La crise financière de 2007-2010 et la crise économique qui a suivi ont frappé très durement la Grèce, jusqu’alors un pays prospère avec une croissance enviable. Le gouvernement a réagi en mettant en place une politique de rigueur et d’austérité très poussée, sous la pression du FMI et de l’Union européenne.

Parmi ses mesures, on peut évoquer des baisses de salaires très importantes (pour celles et ceux qui ont pu garder un emploi, de 20 à plus de 40 %), une augmentation de l’impôt sur le revenu, une TVA portée à 23 %

Les conséquences ne se sont pas faites beaucoup attendre : explosion du nombre de suicides (estimations du ministère grec de la santé : premier semestre 2011 = + 40 % par rapport aux six premiers mois de 2010, avec un nombre probablement sous estimé dans un pays très religieux où l’on ne déclare pas volontiers cette façon de mourir…), consommation massive d’anxiolytiques, un homme sur quatre et une femme sur trois seraient atteints de dépressions (moyenne mondiale : un homme sur huit et une femme sur cinq). Depuis 2008, plus de 50000 grecs ont pris le parti de l’exil.

Le peuple grec, littéralement étouffé par les conséquences de ces mesures drastiques, a manifesté sa colère au travers de grèves générales, de manifestations, qui ont très souvent dégénéré en heurts violents avec la police, allant jusqu’à devenir insurrectionnelles.

Cette colère contre un système politique irresponsable et totalement déconnecté des attentes et des besoins de ses citoyens, trouve également à s’exprimer à travers l’art des rues. Il se dit qu’aujourd’hui, Athènes serait une des villes les plus taguées en Europe, littéralement couverte de fresques, slogans, pochoirs… au contenu fortement politique et fatalement énervé.

Pour la bonne compréhension des images qui suivent, il est bon de savoir que les masques, sous toutes leurs formes, constituent, au même titre que les casques de chantier, des protections adoptées par tout bon citoyen grec allant manifester, afin de se prémunir des « dérapages » policiers (gazages systématiques, flash-ball, « accidents » mortels), et sont là bas devenus un véritable symbole de lutte, de résistance, et un signe de protestation.

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