En cas d’accident nucléaire, la France manque d’iode

Dormez tranquilles, bonnes gens ! L’Etat veille sur vous. C’est le message que l’on veut nous faire passer sur la préparation à un éventuel accident nucléaire type Fukushima. Pourtant, quand un simple citoyen mène son enquête, il a le plus grand mal à avoir des infos rassurantes.

Raymond, militant antinucléaire dans l’association Tchernoblaye, habite à une trentaine de kilomètres de la centrale du Blayais, qu’il aimerait voir fermer. Un jour, il est allé voir le « Livre des risques » disponible en mairie, parce qu’il voulait vérifier que sa commune se préparait sérieusement face au risque nucléaire, notamment concernant le stock d’iode stable, qui empêche la fixation de l’iode radioactive dans la glande thyroïdienne (le cancer de la thyroïde est l’un des principaux dangers de la radioactivité et l’iode le seul moyen de le prévenir).

A Tchernobyl, faute d’iode, on a observé une progression importante des cancers de la thyroïde chez les enfants dans les années qui ont suivi l’accident de 1986. Au Japon, des comprimés ont été donnés à la population, mais il n’est pas sûr que ce soit en quantité suffisante.

Or, la France n’a équipé chaque foyer de comprimés d’iode que dans un rayon de 10 km autour des centrales nucléaires (installations disposant d’un « plan particulier d’intervention », qui concerne 400 000 foyers). Pour les autres, les stocks publics sont gardés par l’Etat, chargé de les distribuer au cas où.

Quand la directrice générale des services de sa commune lui a ouvert les portes du stock de comprimés d’iodure de potassium, il a pu prendre des photos. Il a remarqué que sa commune stockait 2 000 comprimés, au lieu des 3 000 nécessaires à sa population, et surtout, que la date de péremption notée sur les boîtes était dépassée depuis 2007.

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