La révolution des bagnoles

La voiture à papa (et à maman aussi) est une sorte de point zemmourien de la société où les réactionnaires s’accordent avec les libéraux pour dénoncer, fort d’un argumentaire niveau académie Norauto première année, une intolérable atteinte aux droits de l’homme moderne d’exploser la tronche de son prochain : le vil briseur de notre hédonisme mécanique.
L’autre jour, passée la publicité pour le nouveau « cross-over » avec canapé en croûte de cuir, pare-buffles, lecteur blu-raie, machine à capsules de chirloutte dédicacée par Clooney himself et amortisseur en tungstène vermifugé pour que l’homo-tobilus puisse boire son Schweppes agrum’ sans se tâcher lorsqu’il roule sur les corps d’enfants, les experts de C dans l’Air affirmaient que l’augmentation mensuelle de morts sur les routes de France (+20%) était due à un printemps trop sec. Les mêmes nous expliquaient trois mois plus tôt que la hausse de janvier (encore 20%) résultait d’un hiver trop humide.
Suite à ces mauvais chiffres, le gouvernement ordonnait un train de mesures orientées sur la collecte de pognon (rapport que les recettes fiscales liées aux radars ont chuté de 16% en 2010). Il n’en fallait pas plus pour titiller les philosophes du levier de vitesse et autre torche-édito chez Atlantico (deux doigt dans la bouche, un sur le nez) nous pondant alors de vibrantes plaidoiries à 4,5 g dans le sang, à base de « les limitations de vitesse tuent la responsabilité individuelle« .

Tremble gouvernement inique ! A l’heure où tonne la colère du peuple ibériqueles fous du volant appellent à la révolution et vont bientôt déferler sur la capitale avec leurs tableaux de bord en ronce de noyer, armés de GPS et de kits mains libres.

Lire la suite : Les jours et l’ennui de Seb Musset: La révolution des bagnoles.

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