De la technologie comme source majeure de pollution planétaire

Les objets technologiques ont en quelques années complètement investi le quotidien des occidentaux et, plus généralement des pays dits économiquement développés. Nous allons évoquer ici le cas d’un de ces objets, particulièrement emblématique, l’ordinateur, en tâchant de garder en tête le fait que les situations, compositions, et conséquences ne diffèrent pas avec les autres objets technologiques, tels que les téléphones, téléviseurs, lecteurs divers et variés, gadgets, etc.

« Dis, papa, comment on fait les ordinateurs ? »

Les estimations les plus récentes indiquent qu’en 2010, il y avait quelques 1,3 milliard d’ordinateurs en service dans le monde et on suppose que ce chiffre dépassera les 2 milliards à l’horizon 2015. Il se fabrique aujourd’hui et depuis quelques années plus d’ordinateurs que de téléviseurs.

Un ordinateur, c’est n’est guère qu’un ensemble de composants électroniques assemblés au sein d’un boitier. Les matières premières utilisées sont exploitées un peu partout sur le globe, généralement achetées, puis transportées et transformées en Asie, particulièrement en Chine. Ce pays, véritable usine du monde, l’est également pour les filières technologiques. Ne vous y trompez pas : la quasi totalité de la production de matériel technologique vient de là, et que ces matériels arborent fièrement le sigle de la dernière marque à la mode ou pas, ne change rien à l’affaire.

Pour sa fabrication, de l’extraction en passant par le transport des matières premières à son assemblage, un ordinateur nécessite :

  • 1500 à 2000 composants,
  • 1000 matériaux venant du monde entier,
  • 100 fois son poids en matières premières, dont seulement 2 % se retrouvent dans le produit final, le reste devenant des déchets
  • 373 fois l’équivalent en énergie d’un litre de pétrole,
  • 2800 kilos de matières premières dont 1500 litres d’eau,
  • 22 kilos de produits chimiques,
  • 164 kilos de déchets directs, dont 24 considérés hautement toxiques.

En France, un ordinateur consomme en moyenne 450 kWh d’électricité par an, son utilisation émet donc 40 kg de CO2 chaque année, soit 24 fois moins que pour sa fabrication. On peut donc considérer que pour amortir l’énergie grise consommée pour sa fabrication, un ordinateur devrait fonctionner plus de 24 ans…

Parmi les matières premières utilisées pour la fabrication d’un ordinateur, on retrouve :

  • Le Cadmium : contenu dans les cartes électroniques (carte mère, carte graphique…). Le cadmium est un métal blanc argenté, réputé toxique quelle que soit la forme sous laquelle il se présente (solide, vapeur, sels, composés organiques). Ce matériau est classé parmi les plus toxiques. Son inhalation est réputée franchement dangereuse, à tel point que des risques sont craints pour la santé des utilisateurs de téléphones portables et sans fil, surtout utilisés peu après leur chargement (le fait de charger des piles ou une batterie les font chauffer), puisque les piles en contiennent et dégagent des vapeurs en petite quantité, à proximité des voies respiratoires. Et devinez quoi ? Un ordinateur, ça chauffe. Beaucoup, parfois, et pas forcément dans une pièce bien ventilée. Les conséquences sur la santé : problèmes rénaux, augmentation de la tension, stérilité, mutation génétique et cancer.
  • Le beryllium : A longtemps été utilisé comme isolant et matériau de contact dans les semi-conducteurs. Depuis quelques années, les fabricants lui préfèrent l’alumine, contraints en cela par l’évolution des normes des états occidentaux, aux caractéristiques proches mais notoirement moins toxique. On n’en retrouve pas moins dans l’immense majorité des ordinateurs encore utilisés. Le beryllium est classé parmi les éléments les plus toxiques, au même titre que l’arsenic, le cadmium, le chrome, le plomb et le mercure.
    Le béryllium agit comme un poison cancérigèneet peut rester détectable dans l’urine humaine jusqu’à 10 ans après l’exposition. Bien que rare à l’état naturel, il n’en est pas moins devenu un polluant très présent aujourd’hui, à cause de son utilisation par l’industrie. Une contamination peut advenir :

    • par inhalation d’air contenant des particules de béryllium (poussières, fumées, vapeurs, nanoparticules issues de l’abrasion)
    • par ingestion d’aliments et / ou d’eau contaminés (En général, la concentration du béryllium dans les eaux de surface et les eaux usées varie entre 0,1 μg/l (millionième de gramme par litre) et 500 μg/l, mais quand cette concentration dépasse 0,2 μg/l, on commence à parler de problème environnemental),
    • suite à la corrosion des alliages bérylliés présents en bouche, ce métal ayant longtemps été utilisé pour les prothèse dentaires,
    • par contamination cutanée, puisqu’il a aussi la « vertu » d’être toxique au simple contact.
  • Plomb : Présent à hauteur de 20 % dans le verre composant les tubes cathodiques des ordinateurs anciens, mais aussi dans les soudures des composants. La toxicité du plomb n’a plus tellement besoin d’être présentée, il est possible d’en trouver le détail ici.
  • L’étain : Pas toxique en lui-même, puisqu’on en trouve même de qualité alimentaire. Il est malheureusement massivement utilisé en association avec du plomb, pour effectuer les soudures des composants électroniques sur les circuits imprimés. Cette pratique n’est plus autorisée en Europe, mais certains états, dont la Chine, ont une réglementation plus laxiste…
  • Le mercure : Un quart de la production annuelle mondiale de mercure part dans l’industrie électrique et électronique. Cette production est faite à la demande, et varie entre quelques dizaines de tonnes par an à quelques centaines voire quelques milliers (source). Le mercure est considéré comme toxique et éco-toxique quel que soit son état. Wikipédia détaille les effets toxicologiques du mercure. Par ailleurs, il convient de noter qu’en l’absence de recyclage, le mercure parvenant au contact de l’eau se transforme en méthylmercure, qui a la caractéristique de s’accumuler dans les corps graisseux des organismes vivants. Cela a pour conséquence de contaminer l’ensemble de la chaîne alimentaire, au bout de laquelle nous nous situons. Chaque année, l’humanité relâche 4500 tonnes de mercure dans la nature, du fait de ses activités agricoles et industrielles.
  • PVC : Le PolyChlorure de Vinyle entre dans la composition des boitiers, câbles, claviers, souris, etc., bref, tous les composés plastiques. Il contient des métaux lourds (plomb, cadmium, etc.), et du chlore (le PVC est d’ailleurs l’un des rares débouchés pour cette substance par ailleurs extrêmement dangereuse à stocker, mais également nocive pour la santé, résidu de la fabrication de détergents, lessive et de savon). Pour améliorer les qualités du PVC sont utilisés des plastifiants, parmi lesquels on trouve entre autres les phtalates, extrêmement toxiques, qui finissent impitoyablement par migrer en surface des objets en PVC. Ce phénomène est ce que l’on appelle l’exsudation : les plastifiants ne demeurent « liés » qu’un temps à la structure mère, et s’en détachent progressivement. Le PVC « transpire » alors ces plastifiants, qui se dégagent et remontent en surface. A partir de là, l’évaporation ou le contact sont synonymes de contamination. Ce phénomène est accéléré par certaines conditions telles que la chaleur et l’humidité. Le PVC dégage également des dioxines lors de sa combustion, suspectées d’être pour partie responsable du phénomène des pluies acides.
  • Retardateurs de flamme bromés : Entrent dans la composition de tous les éléments plastiques composant un ordinateur (voir ci-dessus), les connecteurs, câbles et aussi les circuits imprimés (carte mère, carte graphique, etc.). Leur rôle est de réduire et donc retarder l’inflammabilité de ces éléments, dans le but d’offrir aux personnes luttant contre les incendies plus de temps pour intervenir.  Ces retardateurs sont considérés comme étant des polluants organiques persistants (s’accumulant dans les tissus vivants tels que le cerveau, le foie ou la peau), reconnus toxiques est capables de se « déplacer » sur des distances considérables. Un certain nombre de ces retardateurs de flamme bromés sont classés dans la catégorie des perturbateurs endocriniens, c’est à dire capable de modifier l’équilibre hormonal des espèces vivantes, et donc d’affecter des fonctions telles que la croissance, le développement, le comportement, la production, l’utilisation et le stockage de l’énergie, l’hémodynamique et la circulation sanguine, la fonction sexuelle et reproductrice.

Une fois assemblés avec pertes et fracas (et siglés… ou pas !) ces ordinateurs partent en conteneurs, en bateau, en avion, et sont distribuées… partout sur la planète, jusqu’au client final.

Le temps passe, l’objet rempli son office, ou pas. Peu importe, d’ailleurs. Que vienne une nouvelle mode balayant l’autre, et le voilà désuet : son propriétaire souhaite en changer pour un autre, plus dans l’ère du temps, plus puissant, plus beau, plus… Ou encore, victime de l’obsolescence programmée, le jouet tombe en panne. On vous explique qu’il ne sert à rien de le réparer : cela couterait plus cher que d’en changer.

Une étude du programme des Nations Unies pour l’Environnement datant de 2005 estime qu’entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits chaque année. Il est difficile d’obtenir des chiffres plus précis, ces objets ne faisant pas l’objet d’une traçabilité, et ne font que peu souvent l’objet d’études statistiques.

Si de nombreux pays (essentiellement occidentaux) ont mis en route des filières de recyclage, il faut bien se rendre compte que ce n’est pas le cas partout. Et que même dans les pays où c’est le cas, les choses sont loin d’être parfaites, et que de nombreux objets n’atteignent pas ses filières, ou en ressortent avant la fin… Par ailleurs, même dans l’hypothèse d’un parfait recyclage, il demeure à l’issue du processus un certain nombre de déchets dits terminaux, généralement extrêmement toxiques, qu’il n’est pas possible de ré-utiliser, et pour lesquels la seule issue est un stockage, pour une durée infinie.

Mais revenons aux déchets technologiques mal ou pas du tout recyclés. Pour ceux là, deux solutions prévalent : l’enfouissement (synonyme de pollution locale, puisque l’ensemble des composants cités plus haut finissent lessivés et rejoignent les nappes phréatiques et finiront un jour dans votre verre d’eau) ou le départ pour de nouvelles aventures au bout du monde !

Déchets technologiques ? pas de ça chez moi !

Les déchets technologiques non recyclés et non enfouis sont l’objet d’un commerce et reprennent en général la route pour certains pays tels la Chine, l’Inde, le Ghana, le Nigéria… Là, ces déchets aboutissent dans d’immenses décharges à ciel ouvert dans lesquelles des personnes vivant là tentent de récupérer tout ce qui est possible de l’être, dans des conditions faisant abstraction de toute notion de sécurité ou de santé. Il n’est pas forcément utile de préciser, après la lecture de paragraphes précédents, que les niveaux de santé, les maladies, et les taux de mortalité battent ici des records.

Les images de la galerie ci-dessous exposent ces décharges dédiées aux déchets technologiques. Elles ont été prises entre 2001 et 2009 et proviennent des villes d’Accra (Ghana), de Lagos (Nigéria) et de Giuyu (Chine). Ces images sont tirées du site de l’association Basel Action Network, qui s’est donné pour mission d’en finir avec l’injustice mondiale du commerce des déchets toxiques.

Comment ne pas être soi-même responsable de pollution technologique ?

Concrètement, c’est quasiment impossible. En effet, en tant que client de produit technologique, on participe de fait à un système fortement polluant. Il n’en demeure pas moins possible de limiter cet impact, pour peu que l’on fasse preuve d’un minimum de conscience et de sens de la responsabilité, au prix de peu d’efforts.

Voyons ici quelques cas de figure, concrets à souhait, prenant en compte l’impact écologique des choix, du moins néfaste au plus sale.

Mon ordinateur rame !

Cela peut être un bon prétexte pour changer de machine, mais cela n’est pas forcément nécessaire, et eu égard à la quantité d’énergie et la pollution généré par sa fabrication, il semble nécessaire de faire durer au maximum ces machines. Voyons comment.

Les ordinateurs commercialisés sont dans leur immense majorité équipés du système d’exploitation de la société américaine Microsoft, intitulé Windows, dans ses différentes déclinaisons, ci-dessous du plus ancien au plus récent parmi ceux que l’on retrouve le plus souvent aujourd’hui :

  • Windows XP : sorti en 2001, pas forcément terrible et optimisé à sa sortie, mais arrangé au fil du temps par des services pack ayant progressivement corrigé ses défauts majeurs.
  • Windows Vista : sorti en février 2007. Plus joli que Windows Xp, et unanimement salué par ses utilisateurs comme étant inabouti, peu fiable et lourd, à tel point que Microsoft a été contraint de continuer à commercialiser Windows XP bien après la date d’arrêt prévue initialement.
  • Windows 7 : sorti en octobre 2009. Conserve et améliore l’ergonomie de Windows Vista, tout en améliorant quelque peu les performances.

Quelques considérations techniques

Ces différentes version de Windows  nécessitent une configuration minimale pour fonctionner correctement, particulièrement en terme de mémoire, mais il s’avère que, dans le but de proposer des prix planchers attractifs, les constructeurs ont souvent réalisé des économies de bouts de chandelles, aux dépends des performances.

Ainsi, pour Windows XP, Microsoft préconisait une quantité de mémoire vive minimale de 64 megaoctet (Mo), et de préférence 128 Mo. Les constructeurs, bien qu’ayant forcément testé la chose, en ont forcément constaté l’absurdité, mais ont suivi. L’expérience démontre en effet clairement que le seuil de confort est davantage situé aux alentours d’un Gigaoctet (Go) de RAM (soit 1024 Mo, un facteur de 16 par rapport à la préconisation de base). Un utilisateur avancé appréciera le double, soit 2 Go.

Dans le cas de Windows Vista, le seuil minimal de mémoire recommandé était porté à 512 Mo, voire 1 Go. Clairement, Vista, avec 1 Go de RAM, c’est déjà à la limite de l’inexploitable. Prévoir le double, ou davantage. De même, pour ce système d’exploitation, un processeur est déconseillé, préférer un multiprocesseur de type Dual-Core. Vous l’aurez compris, si votre ordinateur comporte Windows Vista, tout laisse à penser que vous gagneriez à changer de système d’exploitation, probablement pour la version précédente (Windows XP) ou pour adopter une alternative.

Enfin, pour Windows 7, la situation se corse quelque peu, puisque la quantité de RAM nécessaire dépend de votre processeur. Un processeur à simple cœur est à proscrire totalement, ici, le multiprocesseur s’impose. A 32 bits, un minimum requis est de 1 Go. Pour un 64 bits, 2 Go s’imposent. Comme d’habitude, il ne s’agit que de préconisations a minima, et il est souhaitable de doubler ces chiffres (au minimum) pour atteindre un seuil de confort correct dans la durée pour une expérience intéressante.

L’ajout de mémoire vive dans un ordinateur constitue le moyen le plus facile, le plus rapide et le moins cher pour donner un coup de jeune à un ordinateur. La seule chose un tant soit peu complexe à ce niveau est de déterminer le type de mémoire nécessaire. Une fois cela fait, le fait de rajouter ou changer la mémoire de son ordinateur est une opération simple, réalisable par tous. Il existe quelques bons guides sur internet, dont celui-ci, qui détaille les différentes mémoires disponibles et vous propose même des vidéos de démonstration. Il est sinon toujours possible de demander conseil dans son entourage, ou à des professionnels et se faire aider si l’on doute de pouvoir le faire soi-même.

Autres sources possibles de ralentissement d’un ordinateur sous Windows

Windows est un système d’exploitation fragile, qui nécessite un soin et une attention constant, mais qui reste, malgré tout ce luxe de précautions, sujet à un certain nombre de problèmes pouvant entacher son fonctionnement :

  • Disque dur trop plein : un disque dur système (le disque dur accueillant le système d’exploitation), pour fonctionner de manière opérationnelle, doit comporter au moins 30 % d’espace libre. Si ce n’est plus le cas pour vous, il convient d’investir dans d’autres supports de stockage (ajout d’un disque dur interne, achat de cd et / ou dvd vierges afin de graver les choses non indispensables, ou au plus simple un disque dur externe).
  • trop de logiciels installés : plus on installe de logiciels sur sa machine, plus celle-ci voit son fonctionnement ralentir. Le fait de désinstaller ces logiciels peut contribuer à arranger la situation, mais n’est pas aussi efficace que de réinstaller le système d’exploitation. Si vous détenez votre machine depuis longtemps et que vous avez vraiment beaucoup de choses installées, il est peut être temps de procéder à une ré-installation, qui vous remettra un système propre, tout neuf. Cette ré-installation a grandement été facilité par les systèmes de restauration proposés par toutes les grandes marques. Se référer à la documentation de l’ordinateur.
  • Utilisation d’une version de Windows inadaptée à son matériel : il arrive que l’on tombe sur des utilisateurs qui, possédant par exemple une machine qui fonctionnait à peu près correctement sous Windows XP, décident de céder aux sirènes du changement et installent Windows Vista ou Windows 7. Bien évidement, la machine ne supporte pas la charge et est condamnée à ramer.
  • virus, ver, chevaux de Troie… : les systèmes Windows, ainsi que les nombreux logiciels installables dessus sont sujets à de nombreux problèmes de sécurité informatique, dont l’installation de ces logiciels malveillants qui non seulement sont néfastes mais plombent le fonctionnement de l’ordinateur qui les accueille. Pour s’en prémunir, il est essentiel de :

Pour en finir avec Microsoft Windows…

Comme nous venons de le voir, un vieil ordinateur peut, contre un léger investissement financier (achat de mémoire) et / ou en temps (nettoyage du système, réinstallation ou restauration), se montrer plus rapide.

Il n’en demeure cependant pas moins un écueil de taille : la sécurité. Au fil du temps, les logiciels constituant des menaces potentielles pour les systèmes d’exploitation Windows se sont non seulement multipliés, mais se sont également particulièrement sophistiqués. Il a bien fallu que ces menaces nouvelles soient prises en compte par les éditeurs de logiciels antivirus, qui ont pour le coup pris un embonpoint très important, ce qui a pour conséquence néfaste de gréver, de ralentir le fonctionnement général de l’ordinateur. Et comme nous l’avons vu, impossible de s’en passer avec un système Microsoft Windows. Ce système omniprésent ne cache pas moins des alternatives intéressantes qui sont peu ou pas du tout exposées à ces menaces.

Alternatives à Microsoft Windows ? Bienvenue dans un monde de libertés !

Comme nous l’avons vu précédemment, les différentes versions de Windows ont été élaborées par la société américaine Microsoft. Windows est ce que l’on appelle un système d’exploitation, c’est à dire un ensemble logiciel dont la fonction est d’être une interface entre le matériel informatique et les logiciels utilisés. Autrement dit, un système d’exploitation rend plus facile l’utilisation de l’ordinateur par son utilisateur, en assurant pour lui la gestion (complexe…) du matériel et en lui offrant une interface humainement compréhensible.

Windows est de très loin le système d’exploitation le plus répandu sur la planète, au moins pour les ordinateurs à destination des particuliers. Mais ce n’est pas le seul. On retrouve ainsi Mac OS, le système d’exploitation vendu sur les ordinateurs Macintosh d’Apple. Ces deux systèmes d’exploitation ont en commun le fait d’être ce que l’on appelle des logiciels propriétaires, c’est à dire vous imposant un certain nombre de règles contraignantes à respecter pour les utiliser. Il vous est par exemple interdit de les modifier (et donc de les faire évoluer), de les copier, ou encore de les utiliser en dehors du cadre défini par le concepteur propriétaire. Prenons un exemple tangible :

Une personne achète un ordinateur (cet exemple fonctionne aussi pour les Mac. Pour cela, remplacer dans les paragraphes qui suivent « Microsoft » par « Apple » et « Windows » par « Mac OS »). Celui-ci est équipé de Windows, vendu avec (il ne s’agit en rien d’un cadeau, cette licence Windows vous est facturée dans le prix global de l’ordinateur), comme c’est le cas pour l’immense majorité des ordinateurs vendus de par le monde. Le truc fonctionne un certain temps, de manière plus ou moins laborieuse (voir plus haut), puis finit par tomber en panne. La personne en question continue d’avoir besoin d’un ordinateur et se dit qu’elle va en acheter un nouveau, et qu’elle pourra du coup faire l’économie du prix de la licence Windows. Et bien non.

Microsoft est très clair à ce sujet : Windows est associé à une machine donnée, et vous n’avez en aucun cas le droit de l’utiliser sur une autre, il vous faut donc le racheter, ou plus précisément payer une autre fois le droit d’utiliser un truc que vous avez déjà payé. Toute autre utilisation est déjà techniquement difficile (il faut contourner des systèmes de protection contre la copie) et est de toute façon assimilée à du vol de propriété intellectuelle et à de la contrefaçon, pénalement et financièrement punie. Certains gestionnaires de parcs informatiques de toutes tailles croisés ici ou là, tant dans le public que dans le privé, feraient bien de se rappeler ces règles de base…, mais cela concerne également les particuliers :

Le Code de la Propriété Intellectuelle stipule en effet que :

  • Article L.335-3 « Est (…) un délit de contrefaçon la violation de l’un des droits de l’auteur de logiciel (…). »
  • Article L.122-4 « Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur (…) est illicite. »
  • Article L.335-2 « La contrefaçon en France (…) est punie de deux ans d’emprisonnement et de 150000 Euros d’amende. » Comme le stipule l’article 131-38 du Nouveau Code Pénal, ce montant peut être multiplié par cinq dans le cas d’une personne morale et donc atteindre 750000 Euros d’amende.

Il existe une association internationale de défense des droits des développeurs de logiciels propriétaire, le B.S.A.. Petit extrait de leur site :

« Le fait de copier ou de redistribuer tout logiciel protégé par des droits d’auteur constitue un acte de piratage, que ce soit en le copiant, téléchargeant, partageant, vendant, ou en installant plusieurs copies sur des ordinateurs personnels ou de travail. Peu de gens réalisent que, lorsque vous achetez un logiciel, c’est en fait une licence d’utilisation et non le logiciel lui-même que vous obtenez. Il est important de lire cette licence, car c’est elle qui indique le nombre de fois que vous avez le droit d’installer le logiciel. Si vous faites davantage de copies que la licence n’autorise, vous commettez un acte de piratage. »

Oh, il y a même un formulaire et un numéro vert (appel gratuit !) pour inciter à la délation, y compris de manière anonyme !!!

Bref, vous avez non pas acheté un ensemble de logiciel, mais loué le droit d’utiliser cet ensemble, sous les conditions imposées par Microsoft. Les mauvaises langues affirment même qu’il convient de faire attention et de ne pas trop modifier les éléments matériels composant un ordinateur sous windows, sous peine d’être embêté par des mesures coercitives plutôt pénibles :

Expérience vécue : changement de configuration suite à une surtension électrique : carte graphique et carte réseau grillées et remplacées. Windows refuse de démarrer, suspectant de ne pas être installé sur la bonne machine, m’accusant de fait de le pirater, tandis qu’il n’en était rien, cette version de Windows étant tout ce qu’il y a de plus légale…

Linux, symbole de l’informatique libre.

Parmi les alternatives en matière de système d’exploitation, on peut citer un certain Linux (que les puristes nomment GNU/Linux). Ce système est d’abord resté longtemps confidentiel en terme de diffusion, utilisé surtout par des techniciens, pour des usages professionnels, mais s’est depuis très largement répandu puisque que c’est Linux qui fait fonctionner :

Ethiquement parlant, Linux est à l’exact opposé de Windows. Windows est en effet un logiciel propriétaire, tandis que Linux est ce que l’on appelle un logiciel libre. Ces libertés sont les suivantes :

  • Liberté 0 : La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages.
  • Liberté 1 : La liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de l’adapter à vos besoins. Pour ceci l’accès au code source est une condition requise.
  • Liberté 2 : La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin.
  • Liberté 3 : La liberté d’améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté. Pour ceci l’accès au code source est une condition requise.

Comme on peut le comprendre aisément, ces libertés placent l’utilisateur au centre des préoccupations : c’est bel et bien sa liberté qui est garantie.

Linux vous offre donc une liberté d’action importante, mais qui ne se limite pas à des conditions d’utilisation. Il existe en effet une grande variété de distributions Linux (une liste de distributions grand public, et la liste complète de toutes les distributions disponibles), c’est à dire des solutions prêtes à être gravées sur CD ou DVD, ou encore posés sur une clé USB pour être installées, ou pour être utilisées sans installation. Certaines d’entre elles sont payantes, destinées surtout à répondre à des besoins professionnels très spécifiques, sans avoir à se préoccuper du fonctionnement : du clés en mains. Mais la majorité de ces distributions sont gratuites, il vous est possible de les télécharger librement, et de les installer comme bon vous semble.

Certaines distributions Linux sont très spécialisées dans un usage, tandis que d’autres, à la façon de Windows, sont plus généralistes.

Parmi ces distributions, on en trouve à destination des enfants, pour faire de la production audio-vidéo, destinées à des publics avertis ou pour les novices, pour faire un média-center, etc, ou tout simplement pour faire tout cela à la fois et plus encore.

Dans le cadre de la mise en valeur d’une machine vieillissante, Linux est un choix très pertinent. Il est ainsi possible, avec un minimum de compétence technique de se faire un système d’exploitation sur mesure qui donnera une seconde jeunesse à une machine ancienne, la faisant même mieux fonctionner qu’à l’origine sous windows, tout en bénéficiant d’un environnement graphique moderne, plus efficace, plus performant, plus ergonomique et plus esthétique que la version de Windows qui pourrait tourner dessus.

Et si l’on ne dispose pas des compétences nécessaires, il suffit de récupérer une distribution adaptée, qui fera le travail à votre place. Un point non négligeable est également à considérer : Linux est issu d’une volonté de partage et a créé dans son sillage une vraie mouvance : si vous ne savez pas comment procéder, il vous est possible ainsi possible de trouver de l’aide auprès de groupes d’utilisateurs près de chez vous, ou sur des multitudes de sites internet, qui se feront une joie de vous conseiller, de vous aider. Avec Linux, on est plus seul face aux difficultés, et on trouve facilement de l’aide, quel que soit le problème auquel on est confronté.

Pour les personnes dotées d’un ordinateur définitivement en panne, ou pour celles et ceux qui n’étaient jusqu’alors pas équipées, il va falloir investir.

Un achat de produit technologique consciencieux et responsable

Comme nous l’avons vu plus haut, un produit technologique est issu d’une production par essence polluante. Cependant, tous les fabricants et / ou marques ne se valent pas. Rappelons un petit principe de base : les fabricants et les marques de produits technologiques sont des sociétés capitalistes. A ce titre, leur seule fonction est de réaliser des profits, dans le but de satisfaire les actionnaires par le re-versement de dividendes dans le cas des sociétés cotées en bourse, les différents associés quand tel n’est pas le cas, de verser les salaires des employés et cadres, et de payer les factures des fournisseurs.

Le profit est généré par les plus-values réalisées lors de la vente du produit fini au client. Ces plus-values sont étroitement liées aux économies réalisées pendant les différentes étapes de la production. Plus les économies réalisées sont importantes, plus les profits croissent et plus le système et ceux qui en bénéficient sont satisfaits. Bien sûr, ces économies se font non seulement sur les travailleurs (conditions de travail, salaires, etc.), mais aussi sur les précautions qui pourraient être prises pendant la production, le choix des matières premières, etc.. Le fait de mettre en place une production prenant en compte l’aspect écologique dans la production entraîne un surcout nuisant aux bénéfices, une notion déplaisante pour les acteurs du système.

Une exception à cela cependant : l’image de marque, c’est à dire la vision que le public a de la marque. A l’heure actuelle, dans les sociétés occidentales, principales clientes des produits technologiques, le public a développé un embryon de conscience écologique, allant même jusqu’à parfois envisager de se préoccuper des conditions de vie et de travail des petites mains fabriquant ces objets.

Bien entendu, difficile pour le public en question de jauger des conditions sociales et écologiques de fabrication des objets technologiques. C’est ici que sont utiles certaines Organisations Non Gouvernementales (ONG) telles que Greenpeace, qui étudie depuis près de 15 ans, avec des moyens financiers et humains important, les coulisses de ces productions.

Les premiers rapports publiés par cette organisation ont fait l’effet d’une bombe médiatique aux USA, et certains constructeurs se sont vus contraints de modifier leur processus de production suite à des boycott de clients déçus de leurs pratiques non respectueuses de l’environnement. Le boycott d’une société n’est pas très bon pour le profit qu’elle compte réaliser.

C’est triste, mais le boycott constitue peut être le seul moyen de faire entendre raison à une firme capitalistique, et les consommateurs, au sein d’un monde entièrement tourné vers l’argent tiennent probablement là leur dernier vrai pouvoir.

Le fruit de ces études réalisées par Greenpeace est un petit guide réactualisé en permanence, malheureusement seulement disponible en anglais, qui liste et classe les fabricants selon des critères environnementaux. Ce guide, disponible ici, liste les 18 marques les plus importantes en matière de production d’ordinateurs, téléviseurs et consoles de jeu pour leurs pratiques en matière d’utilisation de produits chimiques toxiques, de recyclage de leurs produits en fin de vie, et l’impact de leur activité en matière de réchauffement climatique.

La version en cours (publiée en octobre 2010) affiche clairement combien de progrès restent encore à accomplir dans ces domaines. Le premier fabricant d’ordinateurs du classement est HP, noté 5,5 sur 10, soit tout juste au dessus de la moyenne, tandis que des marques de téléphones tel Nokia, pointent à 7,5.

HP, auparavant classé 8e, doit son gain de notation à la volonté de produire des machines avec moins de PVC ou en abaissant les quantités présentes dans ses productions. Il convient de noter les notations catastrophiques de marques telles que Toshiba, Apple, Lenovo, etc.

Comme nous pouvons le voir avec ce classement, acheter un ordinateur neuf n’est pas forcément la panacée, ce pourquoi il convient, si l’on est soucieux de son impact écologique, de s’intéresser à ce classement, ou mieux encore sur le plan écologique, d’envisager une alternative. Parmi celles-ci, l’achat d’un ordinateur d’occasion ou d’un ordinateur reconditionné sont des  pistes intéressantes, autant pour l’aspect écologique, que sur le plan financier.

L’ordinateur d’occasion

Sur le plan écologique, le rachat ou la récupération d’un ordinateur d’occasion constitue de loin la meilleure solution. Bien évidement, la production de cet ordinateur a pollué, mais le fait de passer entre de nouvelles mains le fait durer plus longtemps, retarde sa mise au recyclage, et évite pendant le reste de sa durée de vie l’achat d’un matériel neuf. Ce genre d’achat peut s’avérer financièrement intéressant, mais il convient de faire attention aux tarifs pratiqués, beaucoup de vendeurs chez les particuliers n’ayant pas une grande connaissance des prix, essayent de vendre à des tarifs trop importants. Comme à l’habitude, le plus simple, si l’on ne maîtrise pas, est de se faire aider. Par ailleurs, certaines boutiques et certains sites web pratiquent la mise en place d’une garantie sur les machines d’occasion qu’elles revendent après des tests et réparations d’usage. Cela a un cout, mais peut rassurer.

L’ordinateur reconditionné

Il ne s’agit pas d’une machine d’occasion, mais d’un produit neuf, ayant souvent juste été sorti de son emballage d’origine et retourné au fabricant. Ces machines font l’objet d’une garantie d’au moins un an, au même titre qu’une machine neuve. Les marques proposant ce genre de produits les font tester de manière rigoureuse, ne souhaitant pas, pour des raisons de coûts, les voir revenir à nouveau dans leurs Services Après Vente. Les défauts de la machine sont corrigés et toujours énoncés lors de la vente, il s’agit d’une obligation légale, et l’acheteur bénéficie de toute façon d’une garantie contre les vices cachés. Ces ordinateurs permettent une économie, par rapport au même modèle vendu neuf, de l’ordre de 20 à 70 %.

Ordinateur portable ou PC de bureau ?

Si l’on reste dans une optique écologique, il n’y a pas photo : le choix se porte d’emblée sur le PC de bureau. Le portable, s’il consomme souvent moins d’énergie électrique pour son fonctionnement, est plus fragile, se répare moins facilement, ne peut guère évoluer dans le temps, bref, est doté d’une durée de vie plus faible, ce qui a pour conséquence de nécessiter un remplacement plus fréquent.

En conclusion

Les objets technologiques, ordinateurs comme les autres, sont de par leur importance primordiale dans nos vies, des éléments sur lesquels tout un chacun se doit de porter une attention. Je crains qu’il ne faille pas en la matière, mais également dans les autres secteurs économiques de nos sociétés, beaucoup attendre des pouvoirs publics, et encore moins des personnalités politiques qui nous gouvernent.

Ceux-ci sont en effet ancrés dans des schémas de pensées d’un autre siècle, telles que la constante préoccupation autour des chiffres du chômage et les moyens mis en œuvre pour lutter contre, qui supposent une croissance économique non seulement sans faille (bon courage…), mais surtout sans limites.

Or nous savons tous que nous vivons sur une planète, avec des limites physiques bien présentes, et des ressources qui fondent comme neige au soleil, de plus en plus exploitées pour répondre aux besoins croissants d’une population dont le nombre ne cesse d’augmenter.

L’informatique et la technologie sont tellement partie prenante de ce genre de schémas que c’en est presque une caricature. Une étape intéressante a ainsi été franchie un petit peu avant le début des années 2000 : c’est à cette époque que les ordinateurs d’entrée de gamme ont dépassé la puissance de calcul qui avaient permis à l’humanité d’envoyer l’homme sur la lune. Cette puissance de calcul double tous les 18 mois, un ordinateur actuel, bas de gamme, à l’heure où j’écris ces lignes, dispose de plus de 7 fois cette puissance…

Bref, à l’heure d’une prise de conscience relativement globale de la crise écologique que traversent l’humanité et la planète qui l’accueille, il est opportun de se pencher sur les usages que tous nous avons des objets de notre quotidien. Il s’agit ni plus ni moins que d’un problème de responsabilité tant collective qu’individuelle : tous responsables, ensemble et séparément, pour soi, pour tous les autres, présents et à venir.

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