La mauvaise herbe fascinée par les boites de Marc Giai-Miniet

Marc Giai-Miniet est un artiste français né en 1946 à Trappes, où il vit toujours. Marc Giai-Miniet se définit comme peintre, graveur, dessinateur, “emboîteur”, et curieux des mythes et des symboles. Cet artiste a été fait Chevalier des Arts et des Lettres en France en 2000.

Une petite explication de l’artiste lui-même au sujet de ces boites :

Les  « boîtes » sont apparues assez tardivement dans mon travail de peintre,comme un prolongement  naturel et nécessaire, et en sont devenues un élément indissociable, son double ludique. Comme une réminiscence de mon désir d’adolescent de faire du théâtre, et peut-être même du plus profond encore de mes souvenirs, de jeux d’enfant entre batailles rangées de figurines et trains électriques installés sous la table de la salle à manger familiale. Ces « boîtes », au départ de leur fabrication dans les années 92-93, reprenaient les thèmes de mes tableaux : scène du décervelage, visite aux momies, agitation des larves et transfusions diverses. Des petits personnages découpés dans du carton  figuraient le ballet ironique et existentiel de ma peinture. Au fil du travail, les constructions devenant de plus en plus grandes, les personnages ont disparu et des livres, des bibliothèques entières ont pris place conjointement aux laboratoires, aux salles de stockage, d’attente ou d’interrogatoires, aux cellules, escaliers, coursives, fours, égouts ou quais de partance… Je comprenais que les livres brûlés, ainsi figurés, étaient la métaphore douloureuse de la vie des hommes, à la fois esprit et matière et voués inexorablement à leur destin. Car non seulement les livres peuvent être brûlés mais parfois aussi, par la connaissance transmise, ils nous « brûlent »,  nous métamorphosent, nous accompagnent ou nous égarent… dans une vision devenue « existentiale ».

La pensée humaine s’est écrite en partie dans des livres fondamentaux revendiqués par les saints aussi bien qu’instrumentalisés par les tyrans. Les hommes témoignent dans leurs livres de la beauté de l’univers mais aussi  de leurs gouffres péremptoires. Fragiles et éphémères comme eux, capables d’imprégner nos mémoires par la vision de bonheurs possibles, d’élans spirituels et d’espérances, capables aussi d’y inscrire les pires horreurs. Chacun y verra, de la blancheur des livres aux noirs égouts, un cheminement, un va et vient constant entre les deux pôles majeurs de l’homme : la bestialité et la transcendance, la fragilité humaine et la divinité inaccessible.

Site officiel de Marc Giai-Miniet.

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